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Descrizione

PERSONAGGI INUTILI:

Nina e i pesci

etching-aquatint on copper cm 40×30 ed. of 30

 

Nina et les poissons

di Michele Tavola

 

Ils étaient là, suspendus à mi-chemin entre l’invisible nuage de pollution et le trou dans la couche d’ozone.

Après la dernière banqueroute nationale, le Président avait fait diffuser un ultimatum alarmant et catégorique : l’ennemi inconnu était sur le point de lancer la grande bombe et tous les citoyens, sans exception, devaient immédiatement se cacher sous terre.

 

Plus personne ne croyait aux paroles du Président. Plus personne n’était naïf et ingénu à donner foi à ses déclarations. Mais ce fut la peur à tous les convaincre. La peur paralysante et incontrôlable de l’ennemi sans visage et sans nom, le plus terrible et redoutable capable d’infamie et impossible à contrôler, impossible à identifier, impossible à exorciser. Et la peur de la grande bombe la plus dévastatrice, la plus puissante jamais construite par l’homme créée pour nous protéger et finie dans les mains, on ne sait comment, de l’ennemi inconnu.

 

Ce fut ainsi que les hommes se transformèrent en rats et descendirent dans le ventre de la terre en utilisant les galeries existantes et en en creusant de nouvelles, dans l’attente du jour où l’ennemi inconnu lancerait la grande bombe.

 

Vu l’étrange changement, les poissons profitèrent de l’occasion pour reconquérir le ciel et aller jeter un coup d’œil au monde qu’ils ne voyaient plus depuis les temps révolus où ils étaient dotés de pattes et d’ailes, et où ils pouvaient choisir à leur guise de rester au-dessus ou sous le fil de l’eau. Ils volaient tranquilles et en paix dominant un panorama désertique et désolé dans lequel personne n’errait. Personne sauf Nina.

 

La petite Nina fut la seule à ne pas suivre l’ultimatum du Président. Elle, elle n’avait pas peur parce qu’elle ne connaissait pas encore la signification du mot ennemi. Même la grande bombe ne semblait pas si terrible : le champignon nucléaire ne pouvait pas être plus vénéneux que les champignons vendus par les dealers de son quartier, et la lumière aveuglante ne pouvait pas être pire que les lumières de certaines discothèques où il était normal de tromper la nuit.

 

Ce jour-là, Nina vit les poissons voler splendides et étranges au-dessus de la ville. Ils semblaient dire que tout est possible et qu’il y a encore de l’espoir.

 

Ce jour-là, Nina vit les poissons voler mais personne ne la crut.